De nombreuses ONG, comme Portes Ouvertes ou l’AED (Aide à l’Eglise en détresse), documentent et répertorient les violations de la liberté de cultes à travers le monde et les persécutions qui en découlent. Suite aux nombreuses auditions du groupe d’études et aux divers témoignages de ces souffrances, Claude Goasguen et moi avons adressé un courrier à Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Sa réponse étayée permet de rappeler le rôle de la France dans ce combat.

 

L’action de la France

La France est très attachée au respect de la liberté religieuse, inscrite à l’article 18 de notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et demeure engagée dans sa promotion. Au niveau bilatéral, elle saisit régulièrement les occasions de rencontrer les autorités des pays concernés par ces sévices afin de les condamner et d’évoquer les cas individuels les plus préoccupants. Ce fut par exemple le cas avec Asia Bibi. Elle incite les Etats qui ne l’ont pas fait à adopter l’ensemble des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et à assurer la pleine conformité de leur législation avec leurs engagements internationaux.

Sur le plan international, la France défend activement le droit à la liberté de religion au sein des Nations Unies. Par exemple, elle soutient chaque année la résolution sur la liberté de religion et de conviction déposée par l’Union européenne à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Concernant les chrétiens d’Orient, la France s’est particulièrement engagée pour les défendre. Elle a réuni le Conseil de sécurité le 27 mars 2015 afin d’alerter la communauté internationale sur le sort tragique des personnes victimes des exactions de Daech du fait de leur appartenance religieuse. Elle a surtout organisé la première Conférence de Paris sur les victimes de persécutions ethniques et religieuses au Moyen Orient en septembre 2015. La troisième Conférence devrait avoir lieu à Paris cet automne. Elle a enfin soutenu la mise en place de mécanismes internationaux de lutte contre l’impunité portant sur les crimes commis en Irak et en Syrie.

 

La situation préoccupante au Sahel et l’action des pays de la zone

Nous avons également fait part au ministre de notre inquiétude concernant les attaques et les attentats attribués à des groupes djihadistes au Sahel et visant particulièrement les fidèles chrétiens, catholiques et protestants.

Au-delà du rôle de la France, les gouvernements et les responsables religieux des Etats sahéliens ont également pris des mesures en réaction à cet extrémisme religieux violent et exacerbé.

La Mali a signé une convention avec le Maroc pour la formation de 212 imams à l’Institut Mohammed VI de formations des imams prédicateurs et des prédicatrices. Cet accord vise explicitement la promotion d’un islam modéré, dit « du juste milieu ». Plus de 500 imams maliens y auraient été formés au cours des quatre dernières années.

Au Burkina Faso, le gouvernement burkinabé a créé en janvier 2015 l’Observatoire national des faits religieux, organe consultatif et de veille, chargé de promouvoir le dialogue interreligieux et d’éviter les dérives d’ordre religieux, notamment dans les médias. Cette instance associe des représentants du Conseil supérieur de la communication, du ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, de la fédération des Eglises et missions évangéliques, des associations islamiques du Burkina et de la conférence épiscopale catholique Burkina-Niger. Le Burkina Faso a également accueilli la seconde édition du Symposium international sur le dialogue des religions et des cultures du 3 au 7 mars 2017.

Au Niger, le gouvernement a condamné, en 2015, les incendies d’édifices religieux chrétiens survenus dans le contexte de « Charlie Hebdo » et des attentats.

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