J’ai voté le projet de loi « pour une école de la confiance » qui a été adopté en première lecture à l’assemblée nationale le 19 février 2019.

 

Ce projet de loi est une nouvelle étape dans la transformation de notre système éducatif, après le lancement de réformes essentielles ces 18 derniers mois : dédoublement des classes en CP/CE1 en REP/REP+, nouveau lycée, nouveau baccalauréat, nouvelle voie professionnelle.

L’objectif est de « poser les bases d’une école qui inspire confiance – par la formation et l’évaluation – et qui crée de la confiance, en permettant la réussite et l’épanouissement de l’élève dès le début de sa vie, à 3 ans» (J.-M. Blanquer, Le Monde, 11/02/2019)

 

Abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans

C’est un texte historique, en ce qu’il abaisse l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans. Depuis 1882, c’est seulement la troisième fois que l’on allonge la durée de l’instruction obligatoire. C’est une mesure sociale, puisqu’elle améliore les chances de réussite des 26 000 enfants encore non scolarisés en maternelle aujourd’hui. En effet, la recherche a montré que c’est entre 3 et 6 ans que l’enfant développe des compétences indispensables à l’apprentissage des fondamentaux. Le surcoût pour les communes sera compensé par l’Etat. « Nous l’évaluons à 100 M€ » et non 150 M€, comme l’avancent certains. Cela concernera autant des écoles publiques que des écoles privées sous contrat.

 

Création des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspé)

Le système actuel des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) ne garantit pas une homogénéité de la formation des enseignants sur le territoire. Chaque ESPE choisit combien d’heures sont consacrées à quels enseignements. Un ESPE peut par exemple décider de ne consacrer que 50 heures à l’enseignement de la lecture dans la formation des futurs professeurs des écoles, alors qu’il en faudrait 100. Avec les Inspé, l’Education nationale aura son mot à dire sur la formation des enseignants. Ce seront de véritables « écoles professionnelles au sein de l’université » (ibid.) profitant du meilleur de la recherche et du meilleur de l’expérience des professeurs devant élèves, qui interviendront aussi dans les formations.

 

Pré-professionnalisation

Le texte prévoit d’accompagner financièrement 3000 étudiants se destinant à l’enseignement chaque année à partir de la deuxième année de Licence (L2), en les faisant bénéficier de près de 700€/ mois net en L2, puis près de 1000€ par mois en L3 et M1, en échange de 8 heures de présence dans un établissement, où ils commenceront progressivement à enseigner avec le statut d’assistant d’éducation. Cet accompagnement pourra se cumuler avec des bourses ce qui permet de sécuriser des cursus d’étude pour des élèves issus de milieux défavorisés. L’objectif est de renforcer l’attractivité du métier de professeur un défi majeur pour l’Éducation nationale – et de mieux accompagner les futurs enseignants tant par l’aide financière que par un tutorat pour les étudiants sur 3 ans.

 

Evaluation des établissements

Pour mesurer les progrès de notre système éducatif, le texte prévoit la création d’une instance d’évaluation des établissements : le Conseil d’évaluation de l’école. Cette instance sera chargée d’évaluer les établissements de façon systématique.

Cette mesure était un engagement du président de la République et met fin à une anomalie, puisque la France est l’un des derniers grands pays à n’avoir pas développé une politique nationale d’évaluation de ses établissements scolaires. L’évaluation sera menée par des experts mais comportera aussi une part d’autoévaluation. Elle portera sur la réussite pédagogique mais aussi sur le climat scolaire. L’objectif est de mieux accompagner les établissements. L’évaluation devient synonyme de levier, et non de sanction, pour aider les équipes à progresser, ensemble, en détectant les difficultés et en accompagnant pour apporter des réponses.

 

Etablissements internationaux

Le texte crée le statut d’établissement public local d’enseignement international, pour faciliter le développement de cursus en plusieurs langues, accueillant à la fois élèves étrangers et élèves français, sur initiative des collectivités. Ces EPLEI seront un levier d’attractivité important pour nos territoires, et un élément majeur pour le rayonnement du système éducatif français dans le monde.

 

commodo at ut mattis pulvinar ante. ut