Le Premier ministre a présenté aujourd’hui la stratégie nationale 2018-2022 « Autisme : changeons la donne ! », en présence de Sophie Cluzel. Cette stratégie devra permettre que « les personnes autistes soient acceptées dans leurs différences [et] reconnues pour leurs compétences », notamment par un diagnostic plus précoce et un meilleur accompagnement, des enfants comme des adultes.

« La France a accumulé un retard significatif en matière de repérage, de diagnostic, d’accompagnement et d’inclusion des personnes autistes. » (Premier Ministre, discours, 06/04/2018). Comme l’a déclaré Sophie Cluzel, « des bancs de l’école à ceux de l’entreprise, du club de sport à la bibliothèque, du centre de loisirs au voyage organisé, il est temps d’accueillir pleinement des personnes qui aspirent à une vie ordinaire comme tout un chacun. »

Aujourd’hui, 700 000 personnes sont atteintes d’autisme en France, dont 100 000 enfants. Le budget alloué à cette stratégie 2018-2022 sera de 344 millions d’euros, presque deux fois plus que le précédent plan ! Un délégué interministériel à l’autisme sera en charge du suivi des mesures, avec une équipe dédiée et en étroite articulation avec les personnes et les familles.

5 engagements qui comprennent 20 mesures, de la toute petite enfance à l’âge adulte :

  • Remettre la science au cœur de la politique publique de l’autisme en dotant la France d’une recherche d’excellence, pour mieux comprendre les causes de l’autisme et développer des réponses adaptées. « Nous devons en finir avec l’océan de méconnaissance ou de représentations erronées qui excluent quotidiennement les personnes autistes et leurs proches. » (Premier Ministre, discours, 06/04/2018)
  • Intervenir précocement auprès des enfants : c’est la clef d’un parcours de vie plus autonome par la suite, de l’école à l’emploi. Pour cela, il faut revoir toute l’organisation du système pour assurer une prise en charge extrêmement précoce des enfants.
  • Réduire très fortement le reste à charge pour les familles, en mettant en place dès 2019 un « forfait intervention précoce » permettant de financer le recours aux professionnels non conventionnés par l’Assurance Maladie. Aujourd’hui, chaque année, il reste environ 3 000€ à charge des familles chaque année.
  • Rattraper notre retard en matière de scolarisation : l’école maternelle est le premier lieu d’apprentissage, et pourtant seuls 30% des enfants autistes y sont scolarisés, en moyenne moins de deux journées par semaine.
    • Scolariser en maternelle tous les enfants autistes : « Là où le Royaume-Uni scolarise 70% des enfants autistes, nous sommes à un petit 40%, avec des ruptures de parcours. Or, l’école est la clé de l’inclusion sociale » (Sophie Cluzel, Le Monde, 06/04/2018).
    • Garantir à chaque enfant un parcours scolaire fluide et adapté à ses besoins, de l’école élémentaire au lycée.
    • Former et accompagner dans leur classe les enseignants accueillant des élèves autistes.
    • Garantir l’accès des jeunes qui le souhaitent à l’enseignement supérieur, par la construction d’un parcours scolaire adapté et l’amélioration des accompagnements au sein de l’université.
  • Soutenir la pleine citoyenneté des adultes, pour passer à une logique inclusive, en donnant accès à l’emploi, au logement, aux loisirs, à la culture.
    • Mettre fin aux hospitalisations inadéquates des adultes autistes et renforcer la pertinence des prises en charge sanitaire.
    • Accompagner l’autonomie des adultes en leur proposant un logement adapté.
    • Insérer les personnes en milieu professionnel.
    • Soutenir le pouvoir d’agir des personnes autistes, en favorisant le soutien par les pairs (un groupe d’entraide mutuelle Autisme dans chaque département).
  • Soutenir les familles et reconnaître leur expertise, pour leur permettre de vivre comme tout un chacun, pour rompre leur sentiment d’isolement, voire d’abandon.
    • Développer des solutions de répit pour les familles
    • Amplifier la formation des aidants, sur l’ensemble du territoire
    • Reconnaître l’expertise des familles, vis-à-vis des institutions et des professionnels, en créant une instance nationale de pilotage et en associant les familles à la gouvernance de la stratégie nationale, comme à la politique de recherche.

 

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