Actu

Vers la République des Territoires

 

samedi 25 février 2012, par Gwendal Rouillard.

La nouvelle association Vers la République des Territoires, que j’ai le plaisir de présider, a rassemblé plus de 180 personnes le mercredi 22 février, à l’Assemblée nationale, en présence notamment de Jacques Attali, pour un débat sur le thème « Territoires : une réponse à la crise » (voir le dossier de presse ci-joint). Il s’agissait d’une forme de lancement, à Paris, après une première rencontre qui s’est déroulée le samedi 3 décembre dernier à Lorient. Les prochaines rencontres auront lieu à Lorient, Paris et Bruxelles à l’automne prochain.

Depuis longtemps, nous constatons que la France a atteint un point de rupture en terme de centralisation. Que celle-ci est génératrice à bien des égards d’inerties, de dysfonctionnements, de doublons coûteux, de lourdeurs administratives et de liens distendus avec les acteurs et les citoyens. Que la crise et l’état de nos finances confortent notre analyse et que le moment est venu de s’inspirer d’expériences européennes, à l’image du Pays basque espagnol, du Pays de Galles, de l’Ecosse, des régions allemandes, italiennes, autrichiennes, etc.

Nous portons en réalité une nouvelle conception de la République qui repose sur trois piliers : concevoir les territoires comme un nouveau levier de croissance, d’innovation et de solidarités (y compris les territoires « maritimes » bien trop souvent oubliés) ; développer les capacités d’expérimentation des acteurs dans les territoires : entreprises, universités, associations, collectivités, services de l’Etat et autres ; bâtir une « démocratie des gens » qui reconnaisse et responsabilise les citoyens, y compris ceux que l’on appelle les « invisibles ».

Nous travaillons au travers des expériences de terrain sur des « déclinaisons » de la République des Territoires : « économie et territoires », « éducation, formation et territoires », « culture, identité et territoires », « sécurité, sûreté et territoires », etc. De manière complémentaire, une équipe d’économistes élabore à nos côtés de nouveaux indicateurs de « régionalité ». Elle calcule le coût de l’insuffisant développement des régions et tracent de nouvelles perspectives d’investissement pour la France. En résumé, nous construisons des propositions stratégiques et opérationnelles.

L’enjeu n’est pas seulement, loin de là, de penser une nouvelle étape de la décentralisation (cf mon texte paru en mai 2011 « De la décentralisation à la République des territoires »). Mais la République des Territoires implique néanmoins, à mes yeux, un nouveau mode d’application du droit constitutionnel à l’expérimentation (la « régionalisation différenciée »), des prérogatives législatives et réglementaires pour les régions (comme en Corse et en Outre-Mer), avec pour celles-ci des compétences clarifiées, un budget nettement renforcé et une autonomie fiscale forte.

Durant son mandat, Nicolas Sarkozy a été le président de la « République des préfets » et de la « recentralisation ». La méthode appliquée ces derniers mois pour la réforme de la carte intercommunale illustre sa conception descendante du pays. Elle est aujourd’hui totalement dépassée, en théorie comme en pratique. Désormais, je souhaite que la France s’engage clairement vers une République des Territoires qui fasse confiance à ses habitants. Cette année, les territoires ont rendez-vous avec la France ; mais la France a aussi rendez-vous avec ses territoires...


Gwendal ROUILLARD _ Vers la République des... par <a

LIENS :

  • Texte de G. ROUILLARD pour la "Revue socialiste" - Numéro spécial « 10 mai 1981 » : l’article