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Quitter le navire n’est pas une marque de courage !

 

mardi 9 septembre 2014, par Gwendal Rouillard.

Je vous invite à retrouver ci-dessous mon interview de rentrée parue dans le Ouest-France le samedi 06 septembre.
L’occasion de revenir sur les dossiers importants pour le pays de Lorient.

Article consultable également en cliquant ici : http://www.ouest-france.fr/quitter-le-navire-nest-pas-un-signe-de-courage-2808343

« Quitter le navire n’est pas un signe de courage »

Recueilli par Christel Marteel

Rentrée politique. Dans un contexte mouvementé pour la majorité socialiste à laquelle il appartient, le député Gwendal Rouillard assume ses convictions. Et fait le point sur les dossiers du pays de Lorient.

Entretien

Comment vivez-vous votre quotidien de député d’une majorité au sommet de l’impopularité ?

Les gens m’interpellent au quotidien et je le comprends très bien. Je comprends leurs angoisses, leurs inquiétudes et leurs critiques qui sont légitimes pour partie. Je vois bien la situation difficile, parfois dramatique dans les familles. Pour autant, la France doit se redresser. La clarification qui s’est opérée la semaine dernière au sein du gouvernement était indispensable. La gauche doit évoluer. Il faut une gauche du XXIe siècle.

Les frondeurs notamment critiquent la politique du gouvernement à l’égard des entreprises et des patrons. Qu’en pensez-vous ?

La gauche a toujours été dans le camp de la production. Mais soutenir les entreprises, c’est soutenir les salariés. Quand nous nous battons pour une entreprise, comme ça a été le cas pour Plastimo par exemple, nous soutenons les salariés et nous nous battons pour l’emploi. Avant d’aller à La Rochelle, je suis allé à l’université d’été du Medef et je l’assume parfaitement. Imaginer qu’on puisse redresser ce pays sans les partenaires sociaux et les entreprises, c’est mentir aux Français.

Pensez-vous que la remise en cause des 35 heures puisse participer au redressement du pays ?

Je pense que la compétitivité des entreprises est une clé pour l’avenir de la France et notre industrie. C’est fondamental. Sinon nous irons tout droit au déclin. Nous devons assouplir les règles du marché du travail. Les partenaires sociaux ont commencé à le faire en signant l’accord national interprofessionnel ces derniers mois.

Je souhaite également que la flexi-sécurité se mette en place en France. Cela doit participer à la création d’emplois. Il faut faire bouger ce pays. Comment peut-on penser qu’avec plus de 3 millions de chômeurs, nous pourrions en rester en l’état ? Les discours à gauche de la gauche nous envoient dans le mur. Ce n’est pas nouveau mais cela se confirme.

Avec quelques mois de recul, comment analysez-vous la défaite du Parti socialiste aux européennes et aux municipales ?

La crainte principale de nos concitoyens est le déclin du pays et son déclassement. Notre difficulté est qu’on ne sait pas suffisamment répondre à cette préoccupation. On doit convaincre sur notre capacité à permettre à la France de garder son rang, de rester une puissance, de peser à Bruxelles et partout dans le monde à commencer sur les enjeux économiques. Nous devons redonner de la fierté à notre pays.

Et au niveau local, vous attendiez-vous au basculement à droite de communes importantes du pays de Lorient ?

Il y a toujours une conjonction entre les facteurs nationaux et locaux. Notre situation locale ne déroge pas à cette réalité. Je souhaite que la gauche du pays de Lorient se mobilise, que nous soyons collectivement des éléments de la reconquête. Parce que nous sommes bien en situation de reconquête de la confiance. Par notre présence, par le dialogue, par des projets... Nous devons les reconquérir.

Quels sont les sujets lorientais qui occupent votre rentrée ?

Je suis très mobilisé auprès du ministre de la Défense pour permettre à DCNS, dans les mois à venir, de signer des contrats avec l’Arabie Saoudite et notamment le Qatar. Ce sont des enjeux très importants. Je suis également très investi pour soutenir nos entreprises comme Raidco Marine et Kership pour conquérir des marchés, en particuliers en Afrique. Le pays de Lorient a besoin, plus que jamais, de son industrie navale, pour la construction et la réparation.

Reste quand même des situations difficiles, notamment pour le chantier STX à Lanester...

J’ai rencontré Laurent Castaing (N.D.L.R : directeur général de STX France) à Saint-Nazaire et les responsables syndicaux en juillet dernier. Je constate et regrette le chômage partiel en cette rentrée. Depuis 10 ans, l’activité de ce chantier n’est pas viable. Et pourtant, il peut l’être. STX est à vendre. Nous devons travailler à une solution de reprise parce que ce chantier en a les ressorts.

Bonne nouvelle en revanche avec le rachat de l’armement Delemme de Concarneau par la Scapêche durant l’été.

J’en suis très heureux. C’est une excellente nouvelle. Cela conforte Lorient comme une place de premier rang en Europe. La pêche est un secteur d’avenir. On ne le dit pas assez. Il doit être dynamique et conquérant.

Côté santé, vous êtes particulièrement impliqué dans le domaine de l’autisme. Où en êtes-vous dans ce combat ?

Le pays de Lorient devient pilote dans ce secteur. Ségolène Neuville, ministre chargé du Handicap, viendra à l’automne rencontrer les acteurs locaux qui oeuvrent dans ce domaine. Je vais pour ma part les réunir très prochainement. Je veux que l’on soit novateur dans la prise en charge des troubles du développement, de la naissance à la fin de vie.

Vous dites souvent qu’il faut être combatif. Vous le restez donc ?

Il faut tenir bon la barre. Quitter le navire n’est pas une marque de courage.

Christel MARTEEL.

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