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Notre armée, notre fierté

 

mardi 13 mai 2014, par Gwendal Rouillard.

Membre de la commission de la Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée nationale, je viens de parcourir avec mon co-rapporteur, 8 pays en Afrique* au titre de notre mission d’information sur « l’évolution de notre dispositif militaire en Afrique et le suivi des opérations en cours ». Nous avons échangé longuement avec les autorités de chaque pays et rencontré beaucoup de nos militaires. Je tire comme principal enseignement de nos discussions et de nos visites que notre armée est notre fierté. Il ne s’agit pas de parler de « fierté » seulement par principe ou de pratiquer le « politiquement correct ». Il s’agit de prendre conscience des raisons qui fondent une fierté des réalités, une fierté des résultats et une fierté de l’appartenance républicaine.

Notre armée est notre fierté parce qu’elle exerce avec professionnalisme et efficacité les missions assignées par notre Président de la République. Au Mali, nos militaires ont permis au pays de recouvrer sa souveraineté territoriale et ils continuent de neutraliser les djihadistes dans l’Adrar des Ifoghas. En Centrafrique, la force Sangaris a sécurisé la capitale Bangui et se déploie dans le pays pour protéger les populations, comme je l’ai vu à Bambari. Partout, nous constatons que nos militaires et nos diplomates créent les conditions d’un retour au dialogue politique et à la paix. Quelles que soient les difficultés sérieuses qui demeurent, au nord Mali, comme en Centrafrique, leurs connaissances fines des acteurs permettent à la France d’exercer ses responsabilités avec discernement et efficacité. Nos alliés partagent d’ailleurs cette analyse et en particulier, les américains et les britanniques.

Notre armée est notre fierté parce qu’elle coopère efficacement avec de nombreux pays africains. Leurs dirigeants ont désormais compris que le développement de leurs territoires est conditionné par le facteur « sécurité ». J’ai pu observer combien notre soutien opérationnel est déterminant à la Minusma au Mali et à la Misca en Centrafrique (+ de 5000 hommes pour chaque mission). Je suis également frappé par la qualité de nos coopérations militaires qui participent à former les armées africaines. Le réseau, trop méconnu, d’une quinzaine d’Ecoles Nationales à Vocation Régionale (ENVR) est très précieux. Il forme chaque année des centaines de militaires africains de différentes nationalités. Après nos visites aux écoles de santé publique et d’état-major à Libreville, ainsi qu’à l’école technique de Ouagadougou, je peux témoigner que les partenariats entre les pays hôtes et la France contribuent à une formation de très bon niveau pour les jeunes africains.

Notre armée est notre fierté parce qu’elle soutient nos industries de défense à l’exportation (+ de 6 milliards d’euros en 2013). Par leurs expertises et leurs retours d’expériences, nos militaires crédibilisent les matériels et leurs usages. Pour les pays africains, nous devons relever des défis en commun conformément aux décisions prises au Sommet de Yaoundé en juin 2013 et au Sommet de l’Elysée en décembre dernier. Je pense, par exemple, au développement des outils de l’action de l’Etat en mer pour lutter plus efficacement contre la piraterie dans le Golfe de Guinée. Face à la concurrence des américains, britanniques, russes, turcs, allemands, israéliens, brésiliens et chinois, le gouvernement français s’active fortement et en particulier, notre ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Notre armée est notre fierté parce qu’elle demeure un formidable outil de promotion sociale pour des femmes et des hommes qui exercent des centaines de métiers complexes. J’ai senti chez chacune et chacun d’entre eux, une ambition légitime, la volonté de s’impliquer et de toujours progresser. J’ai bien compris leurs préoccupations en matière de carrière, de formation, de rémunération et des conséquences sur leurs vies de famille. A ce titre, je tiens à saluer leur dignité alors que beaucoup sont meurtris par les conséquences de la « catastrophe Louvois ». Je salue également leur sens du dévouement et leur engagement au service de la Nation.

Ma conviction est que la France assume son rang grâce à l’action de notre armée et de nos entreprises de défense. Pour celles-ci, je rappelle qu’elles représentent 320 000 emplois et quelques 4000 PME. En ce sens, je souhaite clairement que la Loi de Programmation Militaire 2014-2019 soit respectée dans son intégralité. Comme chacun le sait, la corde budgétaire est déjà très tendue et la défense participe déjà fortement au redressement de nos comptes publics, notamment par la suppression d’environ 80 000 postes entre 2008 et 2020, dont 24 000 postes au titre de l’actuelle LPM. 

Notre armée est notre fierté. Nos engagements politiques et budgétaires doivent être à la hauteur de cette fierté que nous éprouvons à l’égard de nos soldats.


* Liste des 8 pays : Niger, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal, Gabon, Centrafrique et Tchad.

 

 

 

 

 

 

 

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