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Loi de Programmation Militaire : Ma lettre à François Hollande

 

vendredi 23 mai 2014, par Gwendal Rouillard.

Je viens d’adresser une lettre au Président de la République, Chef des Armées, pour lui demander le respect de la Loi de Programmation Militaire 2014 - 2019.

Monsieur le Président,

Dans le cadre du 63ème anniversaire du décret déterminant le taux de salaire des ouvriers de la Défense nationale, j’ai reçu ce matin à ma permanence parlementaire, l’intersyndicale Défense du Morbihan. Les responsables m’ont alerté, avec gravité et solennité, sur l’avenir de la Loi de Programmation Militaire 2014 – 2019 et sur les réalités professionnelles des personnels.

Plus que jamais, les inquiétudes sont vives et je les comprends. Elles portent sur la pérennité du statut des ouvriers de l’Etat, les recrutements et les moyens dédiés à la formation professionnelle, l’avenir de leur régime de retraite et le gel du bordereau de salaire, en vigueur depuis 4 ans, dans le secteur industriel ainsi que dans les établissements de l’Etat assurant le soutien aux forces armées.

Plus globalement, ces personnels sont très soucieux de l’application de la Loi de Programmation Militaire votée voici 5 mois seulement. Cette loi, conformément à vos engagements, affirme l’ambition politique et l’autonomie stratégique de la France, précise très justement les missions de nos armées et marque notre confiance envers nos militaires et nos civils.

Pour autant, l’hypothèse d’une coupe budgétaire supplémentaire menace cet équilibre fragile. Doit-on une nouvelle fois rappeler que la corde est déjà « très tendue » pour le fonctionnement de notre armée ? Doit-on une nouvelle fois rappeler qu’un milliard d’économies sur les investissements en matière de défense équivaut à 10 000 emplois supprimés ? Doit-on encore expliquer quelles seraient les conséquences sur la sauvegarde de nos compétences sur le long terme ? Doit-on rappeler que cette stratégie budgétaire aurait de graves conséquences pour l’avenir de nos territoires ?

En supprimant plus de 80 000 postes entre 2008 et 2019, en baissant de 4 milliards d’euros sa masse salariale sur la durée de la LPM, en réduisant son carnet de commandes de plus de 10 milliards d’euros, le Ministère de la Défense a déjà largement contribué au redressement de nos comptes publics. Alors pourquoi son budget devrait-il être une nouvelle fois considéré comme une variable d’ajustement ? Comment notre pays pourrait-il encore avoir l’ambition qu’il porte sur les théâtres extérieurs ?

Au Pays de Lorient, plus de 6000 emplois sont directement liés à la Défense. Plus de 2000 personnels à DCNS, plus de 2000 personnels à la Base aéronavale de Lann-Bihoué et plus de 2000 personnels à la base des commandos et fusiliers marins. Que dois-je leur dire ? Aux militaires ? Aux personnels civils ? Aux PME qui ont largement investi le secteur de la Défense ?

J’ai déjà eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, notre armée est notre fierté. Elle est notre fierté parce qu’elle exerce avec professionnalisme et efficacité les missions que vous lui assignez. Elle est notre fierté parce qu’elle coopère de manière efficace avec les pays dans lesquelles elle est amenée à se rendre. Elle est notre fierté parce qu’elle soutient activement nos industries de défense à l’exportation. Enfin, elle est notre fierté parce qu’elle demeure un formidable outil de promotion sociale pour des femmes et des hommes qui exercent des centaines de métiers complexes.

Je puis d’autant plus vous assurer de ce sentiment de fierté que c’est le premier enseignement que je tire de la mission parlementaire qui m’a été confiée sur « L’évolution de notre dispositif militaire en Afrique et le suivi des opérations en cours » et qui m’a permis de rencontrer nos soldats dans huit pays africains ces dernières semaines.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de confirmer clairement vos engagements en faveur de la Loi de Programmation Militaire 2014 – 2019, à la fois dans son volume mais aussi dans son rythme, année après année.

Comptant sur votre soutien personnel, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.


Gwendal ROUILLARD

 

 

 

 

 

 

 

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