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La Convention Abolition 2012

 

vendredi 3 février 2012, par Gwendal Rouillard.

L’abolition de la prostitution est pour moi un combat fondamental à mener. Elle a le mérite de réaffirmer des valeurs et des principes auxquels je suis personnellement très attaché, comme militant des droits de l’homme,ceux du respect,de la protection et de la dignité des personnes. Parce qu’il faut susciter le débat, parce qu’il faut s’inspirer des retours d’expériences en Europe, et parce qu’il faut plus que jamais éveiller les consciences, la France doit non seulement tenir bon sur sa position abolitionniste, mais faire voter les lois permettant de la rendre effective, au nom de la dignité et de la protection des personnes, nous nous y engageons.

Je vous inviter à signer l’appel de la convention abolition 2012 http://www.abolition2012.fr

La Convention Abolition 2012 qui s’est tenue le 29 novembre 2011 à l’Assemblée nationale, à l’appel du Mouvement du Nid, de la Fondation Scelles et de l’Amicale du Nid, a rassemblé 37 associations, notamment féministes, des élus de toutes tendances et un public de près de trois cents personnes- une étape supplémentaire – et enthousiasmante - dans la longue marche qui fait de l’abolitionnisme, une question politique, à part entière. La journée du 29 novembre 2011, avec la Convention d’abolition du système prostitueur, a indéniablement marqué en France un tournant. Le temps est enfin révolu du pugilat « pour ou contre les maisons closes » au profit de fondements clairs : prostitution requalifiée en violence, et client prostitueur placé sous les projecteurs.

Une vrai mobilisation des associations

Après la constitution, en février 2010, du front de refus du système prostitueur réunissant 17 associations féministes et abolitionnistes, puis la remise du rapport de la mission d’information parlementaire en avril 2011, cette nouvelle étape a donc montré la progression de la mobilisation puisque 37 associations, notamment féministes, étaient cette fois représentées. Toutes et tous ont redit la nécessité d’un important travail pédagogique et d’une politique de prévention. Pour éradiquer ce fléau international, il convient de s’en donner les moyens et ça passe par une action forte sur la demande des clients. Pour les abolitionnistes, la pénalisation du client est une manière significative d’affirmer que le corps des femmes n’est pas à vendre. Et comme en Suède et en Norvège, la personne prostituée ne sera, elle, pas poursuivie, La philosophie de la loi reposerait bien sur la seule mise en cause de l’exploiteur et non de la personne qu’il exploite.
http://www.abolition2012.fr/index.php/87-mobilisation-des-associations/90-prostitution-apres-la-resolution-nous-attendons-des-actes

Le combat des abolitionnistes n’est pas encore gagné

Le combat des abolitionnistes est encore long, les réserves restent nombreuses dans la société, et ce, chez de nombreux intellectuels aussi. Si beaucoup, sont d’accord sur le fait, qu’il faille interdire la prostitution des mineurs et celles des personnes vulnérables, que la traite soit sévèrement réprimée,et que le proxénétisme soit sanctionné ; is sont plus circonspects, lorsqu’il s’agit de considérer que, par principe, toute relation sexuelle tarifée entre adultes consentant soit solennellement interdite par la loi. Ceux qui croient en la valeur du consentement et de la liberté de jugement peuvent être farouchement hostiles au principe de pénalisation du client, à l’image d’Elisabeth Badinter, qui dénonce les excès d’un abolitionniste aux relents victoriens pour des personnes, comme elle, qui se sont battues pour que les femmes fassent ce qu’elles veulent de leur corps. D’autres, comme la philosophe Janine Mossuz Lavau, estime qu’en la matière le législateur ne peut pas raisonner uniquement en fonction d’un idéal, et qu’il n’est pas possible de décréter autoritairement par une législation, la fin d’un certain nombre de phénomène de société.

Le prétendu choix de se prostituer est une imposture

Le débat de savoir s’il faut considérer qu’une prostitution relève d’une liberté contrainte, ou s’il faut soutenir, qu’un choix contraint n’a aucune pertinence, puisque la faculté de juger demeure toujours influencée par des mobiles, a été tranché par la résolution. Son vote valide l’idée que le prétendu choix de se prostituer est une imposture. Il met en exergue une exigence éthique majeure. La liberté de disposer de son propre corps, n’induit pas de disposer du corps d’autrui. Au-delà de ces querelles philosophiques, l’émergence de forces neuves, politiques et associatives, est la preuve que les abolitionnistes sont maintenant en mesure de se faire entendre. Longtemps dénigrées, il leur est enfin possible de faire savoir que leur combat est un combat pour la liberté sexuelle. La réflexion, longtemps paralysée par la question des choix individuels, a enfin franchi le cap du projet de société et d’une vision sur le long terme. Une nouvelle génération a émergé, nourrie par les luttes féministes contre les violences et pour l’Egalité entre les femmes et les hommes. En mesure de s’appuyer sur un socle d’idées suffisamment solides, elle est aujourd’hui à même de lui donner un ton nouveau et de populariser un combat resté trop longtemps confidentiel.

Les Liens

-Le compte-rendu des débats de l’adoption de la résolution

http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/cri/2011-2012/20120078.pdf

- Le mouvement du nid

http://www.mouvementdunid.org/

- Le communiqué du Mouvement du Nid

http://www.mouvementdunid.org/Prostitution-Apres-la-Resolution

- La revue trimestrielle du Mouvement du Nid

http://prostitutionetsociete.fr/actualites/actualites-france/prostitution-l-abolitionnisme

- Le site abolition 2012

http://www.abolition2012.fr/index.php/87-mobilisation-des-associations/90-prostitution-apres-la-resolution-nous-attendons-des-actes

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