Actu

#ConfPR : "L’esprit de janvier 2015, c’est l’unité républicaine".

 

vendredi 6 février 2015, par Gwendal Rouillard.

Un Président de la République déterminé, des valeurs républicaines réaffirmées, un Chef d’État et son gouvernement audacieux et prêts à relever les défis qui les attendent. Tel était le message de François Hollande lors de sa 5ème conférence de presse depuis mai 2012.

# L’unité républicaine :


La laïcité n’est pas négociable :
« Garantie contre les intolérances intérieures et les influences extérieures », la loi de 1905 doit être préservée et apprise. L’enseignement de la laïcité sera obligatoire tout au long de la scolarité. Le dialogue avec le culte musulman doit aboutir au renforcement de la formation des imams et des aumôniers et amplifier la lutte contre la radicalisation.

L’école est la meilleure arme de la reconquête. La nouvelle étape de sa refondation qui va être engagée sera centrée sur ses fondamentaux républicains : l’apprentissage du français qui sera intensifié dès la maternelle ; la lutte contre le décrochage scolaire avec notamment la revalorisation des lycées professionnels ; la restauration de l’autorité et de la formation des enseignants ; l’enseignement du numérique du cours élémentaire à la terminale qui sera couronné par la création d’une école du numérique.

Lien vers la conférence de presse du Président de la République : http://www.elysee.fr/conferences-de-presse/article/5e-conference-de-presse-du-president-francois-hollande-questions-reponses/

L’égalité entre les territoires. La République a consacré « beaucoup d’efforts » à cette politique mais il y a encore « trop d’échecs » et de « ségrégation ».

La réforme commandée au gouvernement reposera sur trois axes :

- le peuplement est une relance volontariste du brassage des populations sur les territoires qui passera par l’application stricte de la loi SRU (dont les sanctions pourront être renforcées) et par la responsabilisation des bailleurs sociaux (dont F. Hollande souhaite simplifier le nombre et le fonctionnement) qui auront obligation de veiller à l’équilibre social des populations. Le président récuse les idées de statistiques ethniques ou de discrimination positive qui sont contraires à nos valeurs républicaines. « Une discrimination est toujours négative. L’essentiel dans la République, c’est l’égalité ».

- l’accompagnement vise à retisser le lien social et s’appuiera sur le travail des associations qui verront leurs moyens augmentés.

- le développement économique sera dynamisé avec la création d’une agence publique qui regroupera tous les dispositifs de soutien économique existants sur le modèle de l’ANRU.

Un nouveau contrat civique. L’élan national se prolongera dans de nouvelles formes d’engagement au service de la collectivité.

A compter du 1er juin, le service civique pour les jeunes deviendra « universel » afin de pouvoir répondre aux 150 000 demandes non pourvues. Favorable au maintien du volontariat, F. Hollande estime qu’une disposition de caractère « obligatoire » devrait être soumise à référendum.

La création d’une réserve citoyenne (sur le modèle de la réserve militaire) s’adressera, elle, à tous les citoyens adultes qui souhaitent participer à une grande cause nationale. Elle sera prioritairement affectée au soutien scolaire.

# L’audace économique


La reconquête économique a commencé avec le pacte de responsabilité et le projet de loi pour la croissance et l’égalité actuellement en discussion
. Mais « il faut aller plus loin » avec des réformes sur l’emploi des jeunes, l’insertion des chômeurs de longue durée, des mesures pour faciliter le financement de notre économie. Un projet de loi sera présenté avant l’été pour réformer le dialogue social, afin de faciliter la reprisse en main des négociations par l’État en cas de désaccord. Le Président réfute toute dérive social- libérale. « J’ai fait le choix de l’économie de la croissance pour qu’il y ait plus d’emplois, pas pour me faire adouber par je ne sais quel milieu ».

La politique de compétitivité a pour but de débloquer la mobilité sociale notamment pour les jeunes. C’est le défi des mesures annoncées par le président : diffuser la culture de l’entreprise dès l’école, revaloriser les lycées professionnels pour accompagner les élèves jusqu’à l’emploi. L’agence de développement économique créée en lien avec la BPI et la Caisse des dépôts aura vocation à susciter la création d’entreprises dans les quartiers.

Le projet national de santé est une priorité. Sa disposition phare, "la généralisation du 1/3 payant » combattu par les syndicats de médecin permet à tous d’accéder aux soins. Mais sa mise en place est conditionnée à « la création de mécanisme simple de paiement pour les professionnels de santé  ».
* Les défis politiques

L’élection partielle du Doubs
. L’unité nationale n’est pas la confusion. Tous les citoyens sont dans la République mais le FN n’est pas « pleinement dans les valeurs de la République ». Quand sa candidate défend l’inégalité des races, elle est en opposition avec la République. Sur l’absence de consigne de vote de l’UMP, F. Hollande rappelle que les partis n’ont pas le pouvoir de dicter la décision des électeurs mais que c’est leur rôle d’exprimer une orientation. Comme responsable du parti socialiste, lui « n’a pas hésité une seconde » à choisir entre le candidat de la droite républicaine et l’extrême- droite, notamment lors de la présidentielle de 2002

Pas de réformes institutionnelles sans consensus
. Favorable au droit de vote des étrangers, F. Hollande constate que le blocage de la droite empêche son adoption aux 3/5è requis par la Constitution. Sur l’introduction de la proportionnelle aux législatives, il reste attaché au fait majoritaire et à sa stabilité. « Ce n’est pas une réforme du mode de scrutin qui va répondre à l’exigence d’unité républicaine.  » Quant au nombre de députés, il « laisse les parlementaires faire eux- mêmes la proposition ».

Un Parlement plus rapide.
Le Président juge que la procédure législative est trop lente et inadaptée au rythme de la société. Il souhaite que le Parlement réfléchisse à son efficacité afin « d’aller beaucoup plus vite » dans l’examen et le vote des lois.

* LA FRANCE EN PREMIERE LIGNE

« La France prend ses responsabilités, mais ne peut pas intervenir partout (...) je demande aux États, à la communauté internationale, de faire leur devoir ».

A menace globale, réponse globale

Pas de faiblesse face au terrorisme.
L’effort de sécurité sera maintenu autant que nécessaire. La loi sur le renseignement sera présentée en mars et votée avant l’été. Le président confirme également que le budget de la défense sera sanctuarisé jusqu’en 2017 et que la réduction de ses effectifs sera ralentie pour faire face aux besoins opérationnels.

La France est à la pointe du combat contre le djihadisme
. Son intervention a sauvé le Mali et protégé toute la zone du Sahel. Elle participe à la coalition militaire contre Daesh en Irak qui obtient des «  succès trop lents mais qui restent des succès ». Elle apporte également un appui opérationnel aux pays africains (Tchad, Cameroun, Nigéria) dans leur guerre contre Boko Haram. « La France est sollicitée partout mais elle ne peut pas tout faire ».

Une initiative de paix en Ukraine. Le président de la République refuse la logique de guerre totale qui en train de s’installer. Avec Angela Merkel, ils ont pris l’initiative d’un nouveau plan de paix qu’ils vont défendre ensemble à Kiev et à Moscou. Échec ou réussite de cette médiation, la France maintient ses positions : pas de participation militaire au conflit, pas de livraison d’armes, pas d’entrée de l’Ukraine dans
l’OTAN.

La conférence sur le climat.
Avec la feuille de route écologique dévoilée hier par le gouvernement et la loi de transition énergétique, la France est dans le peloton de tête des pays qui luttent contre le réchauffement climatique. La France veut un accord contraignant. L’Europe doit « montrer l’exemple » en unifiant leur politique énergétique. Les écologistes n’ont pas le monopole de l’écologie mais « sont les bienvenus » s’ils souhaitent revenir au gouvernement.

# Faire avancer l’Europe

« La France peut être utile à la Grèce ».

La France est la cheville ouvrière d’un accord entre la Grèce et l’Europe. Nous avons deux points communs avec le nouveau gouvernement grec : la volonté de mettre fin à l’austérité - « elle ne peut être l’horizon infini » - et le maintien de la zone euro. La France œuvre à une solution sur la base d’un double respect : respect du vote des Grecs, respect des règles européennes et des engagements pris. Il ne s’agit pas de transférer la dette des Grecs sur les Français ou sur d’autres peuples. Il faut que la réorientation de l’Europe soit accompagnée de réformes intérieures dans chaque Etat. La décision de la BCE de renvoyer la responsabilité du règlement de la dette grecque aux Etats européens est «  légitime ».

Le danger du rejet de l’Europe. La France doit continuer à travailler à un compromis avec l’Allemagne pour préserver l’Union européenne, c’est une des conditions de notre unité. Les Grecs ont rejeté l’austérité mais pas l’idée d’ Europe. Ce vote est un appel à une réorientation à laquelle François Hollande œuvre depuis le début de son quinquennat.

S'abonner

Rechercher

 

Mentions légales | | Contenu sous licence Creative Commons CC-BY-SA