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La Pêche en eaux profondes : Halte aux contre-vérités !

 

samedi 26 octobre 2013, par Gwendal Rouillard.

Suite à l’article paru sur le site du Nouvel Obs le vendredi 25 octobre 2013, il me semble important de rétablir certaines vérités :

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20131025.OBS2683/14h-peche-profonde-quand-le-ps-retourne-sa-veste-a-bruxelles.html

1- La Mer et la Pêche pour la France :

- La France détient, après les Etats-Unis, la 2ème surface maritime mondiale avec 11 millions de Km2
- Le poids du secteur maritime dans le monde représente un chiffre d’affaires annuel de 1500 milliards d’euros par an
- le Cluster maritime français compte 52 entreprises qui pèsent plus de 52 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an et représente 310 000 emplois.
- La pêche française représente un chiffre d’affaires d’1 milliard d’euros et plus de 93 000 emplois directs et induits. (chiffres du ministère du développement durable)
- Les lycées maritimes français sont bien remplis et de nombreux jeunes aspirent à vivre dignement de la pêche. Avec un salaire moyen net très rémunérateur, ils participent comme leurs aînés, au maintien de la vie économique de nos territoires.
- La France est aujourd’hui au 4è rang de l’Union européenne avec environ 10% des captures (chiffres du ministère du développement durable)
- Sans importation, la France n’aurait plus de poisson dès le mois de mai. Notre pays importe environ 70% de sa consommation de poissons.

2- La position internationale sur la pêche en eaux profondes :

- Suite aux accords internationaux de la FAO, seules quelques zones limitées, sont interdites à la pêche en eaux profondes. Aucun Etat n’a interdit la pratique de la pêche de grands fonds. D’ailleurs, le Canada, la Nouvelle Zélande et la Norvège - pays à haute sensibilité environnementale - pratiquent la pêche en eaux profondes et n’envisagent aucune restriction.

- Le Comité internationale pour l’Exploration de la Mer – CIEM , organisme inter-gouvernemental fédérant 1600 scientifiques venant principalement des 20 pays membres riverains de l’Atlantique nord, principale source des avis en matière de gestion des environnements marins de cette même zone, a étudié et cartographié en abondance les écosystèmes marins. Après de nombreuses et importantes recherches, il est apparu qu’ « une interdiction pure et simple des pêches profondes n’apparaît pas indispensable à la tenue des approches systémiques des pêches  ».

Source : Note Ifremer du 19 juin 2013 et Report of the ICES/NAFO Joint Working Group on Deep-water Ecology (WGDEC) – March 2012 – en pièce jointe

3- La position de la France :

La France n’a jamais tenu une position appelant à interdire la pêche en eaux profondes mais a toujours appelé à une pêche durable. En effet, un tel sujet mérite une réflexion approfondie, intégrant pleinement les impacts écologiques, économiques et sociales.

Pour exemple :

- En 2010, la mission "Pêches profondes", mandatée par les ministères de l’agriculture et de l’écologie dans le cadre du Grenelle de la mer de juillet 2009, a préconisé la poursuite de cette activité, moyennant certaines améliorations limitant l’impact sur les écosystèmes : exploration préalable des nouvelles zones exploitables, améliorations des techniques de pêche, etc.

- En juillet 2012, Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur, est monté au créneau afin de bloquer la proposition de la commissaire européenne Damanaki interdisant la pêche en eaux profondes.

Source : http://www.euractiv.fr/agriculture/peche-eau-profonde-negociation-couteaux-tires-15591.html

- Dès son entrée en fonction comme ministre des Transports, de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier, a toujours défendu les idées de "Pêche durable" et de "croissance bleue". Il avait d’ailleurs déclaré le 16 juillet 2012, à l’issue du conseil des ministres : "une éventuelle interdiction de certains engins de pêche, sans discernement, aurait de très lourdes conséquences socio-économiques et ne serait pas acceptable, au regard des efforts déployés par les pêcheurs pour une gestion durable de ces ressources". Depuis, il n’ a jamais changé de ligne : aucune interdiction mais possibilité d’un encadrement renforcé.

Source : http://www.actu-environnement.com/ae/news/peche-eaux-rpfondes-proposition-reglement-opposition-france-cuvillier-reforme-peche-rejets-mer-16289.php4

- En février dernier, dans le cadre du vote au Parlement européen sur la Politique Commune des Pêches - PCP - 66 parlementaires socialistes français se sont mobilisés en faveur d’une pêche durable.

Source : Courrier des 66 parlementaires à Catherine Trautmann, présidente de la délégation socialiste française.

- Enfin, lors de la clôture de la Conférence environnementale en septembre dernier, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a affirmé clairement la position de la France dans ce débat : "Pour la première fois, la France a soutenu la mise en œuvre d’une politique communautaire de la pêche durable. Il s’agit d’une avancée majeure, conduite dans le dialogue par Frédéric Cuvillier. Allons plus loin : je suis favorable à ce que la France participe activement aux discussions communautaires pour mieux connaître et encadrer la pêche en eaux profondes. Tout comme je soutiens l’engagement rapide de négociations pour un accord multilatéral qui créera un outil juridique de protection de la biodiversité en haute mer." De la même façon que son ministre des Transports, de la Mer et de la Pêche, il a donc rappelé que la France est favorable à l’encadrement de la pêche de grands fonds et non pas à son interdiction.

Source : Discours du Premier ministre lors de la clôture de la Conférence environnementale - septembre 2013 - en pièce jointe.


En conclusion, nous constatons que les avis scientifiques internationaux montrent que les principales espèces ne sont plus menacées grâce à une gestion durable de la ressource. Ils constatent également que certaines espèces sont en augmentation. Comme nous l’affirmions déjà voici quelques mois, cette pêche est une des plus encadrées et contrôlées au monde - chaque bateau doit être titulaire d’une licence spéciale, est suivi individuellement par satellite, embarque des observateurs, limite son activité aux fonds sédimentaires afin de préserver les coraux, et ne peut débarquer que dans quelques ports identifiés - et les professionnels de la pêche sont disposés à ce que leur activité soit encore plus encadrée.

Si certains élus se plaisent à défendre la ligne de certaines ONG aux dépens de toutes ces informations, ils ne sont pas conscients qu’en interdisant aujourd’hui la pêche de grands fonds, demain, ce sera toute la pêche artisanale qui sera menacée. Dans le contexte actuel, et notamment en Bretagne, où de nombreux emplois sont menacés, il est irresponsable et inacceptable de tenir cette posture.

C’est pourquoi, je les invite à venir rencontrer les professionnels de la pêche et les experts travaillant sur le sujet ou, encore, à embarquer sur les bateaux pour prendre conscience des réalités de la pêche et du maritime.

 

 

 

 

 

 

 

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