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« Appel du 8 juin » pour mettre fin à la sous-nutrition !

 

lundi 10 juin 2013, par Gwendal Rouillard.

Soutenus par Action contre la Faim, Alima, Global Health Advocates,
Médecins Sans Frontières et l’UNICEF France, des Parlementaires se mobilisent pour que la nutrition infantile soit une priorité du développement.

A la veille du sommet international Nutrition pour la croissance organisé à Londres par le Royaume-Uni et le Brésil en amont du G8, des Parlementaires lancent un appel pour que la lutte contre la sous nutrition infantile soit placée au coeur des politiques publiques de santé, de protection sociale et de développement.

Cet appel s’inscrit dans la continuité de la Conférence internationale de Paris contre la malnutrition infantile des 14 et 15 mai derniers, qui appelait à la mobilisation des bailleurs internationaux, des décideurs politiques et économiques, mais aussi des représentants de la société civile, des pays du Nord comme du Sud, contre ce fléau mondial.

Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ?
Parce que ce sommet est une opportunité unique pour élaborer ensemble, à l’échelle internationale, des mesures plus efficaces de lutte contre la malnutrition grâce à une augmentation des investissements, un meilleur ciblage des interventions dans les programmes et à une meilleure coordination entre les pays bailleurs et les pays affectés.

La sous-nutrition est la cause sous-jacente de plus du tiers des décès des enfants de moins de cinq ans dans le monde. Par ailleurs, 165 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent de retards de croissance dus à la malnutrition chronique, dont les conséquences sur le développement physique et cognitif sont irréversibles. En Afrique sub-saharienne, jusqu’à 40% des enfants de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance.

En empêchant les enfants d’atteindre leur plein potentiel, la malnutrition nuit à la productivité et plombe les dépenses publiques. Elle représente pour les pays touchés une perte économique de 2 à 3% de PIB et est reconnue comme un obstacle majeur au développement perpétuant le cycle vicieux de la pauvreté.

Malgré ce constat catastrophique, la prise en compte effective de la malnutrition à l’échelle internationale n’est pas à la hauteur et ne permettra pas d’atteindre les résultats attendus[2]. Seul 0,4% de l’aide mondiale est alloué à la nutrition.

Que demandent les Parlementaires dans leur appel ?
Ils enjoignent les gouvernements à faire de la lutte contre la malnutrition une priorité des politiques de développement nationales, européennes et mondiales ; à accélérer le déploiement à grande échelle des interventions prioritaires qui ont fait leurs preuves ; à intégrer la nutrition materno-infantile dans les politiques de santé, de protection sociale, d’éducation et d’agriculture ; à favoriser des approches coordonnées entre les différents acteurs. Enfin, le combat contre la malnutrition ne pouvant plus se satisfaire de réponses et de financements d’urgence, les Parlementaires appellent à une mobilisation de ressources financières suffisantes et pérennes.

Pourquoi ces élus ont-ils décidé de s’engager sur ces questions ?
Parce que les Parlementaires du Nord et du Sud ont une responsabilité, à travers leur travail législatif et leur pouvoir d’influence, dans la création d’un environnement favorable à la lutte contre la malnutrition.

Au niveau de la France, les discussions à l’automne prochain autour de la loi d’orientation sur l’aide au développement leur donneront l’occasion de porter cette priorité.

Au niveau européen, ils doivent s’assurer que l’UE concrétise ses ambitions affichées dans sa stratégie pour la nutrition publiée récemment. Cette dernière a été accueillie comme une évolution positive mais ni les moyens financiers alloués ni les mécanismes de contrôle n’ont été dévoilés.

Au niveau africain, les Parlementaires qui rejoindront l’appel pourront encourager l’adoption d’un plan national de nutrition ambitieux, voter des mesures de renforcement des systèmes de santé ou encore encadrer et promouvoir des pratiques responsables du secteur privé en faveur d’une nutrition adéquate, de qualité et accessible à tous.

Cet appel parlementaire à la veille de réunions importantes marque une prise de conscience indispensable à l’action, et constitue un point de départ. ACF, Alima, Global Health Advocates, MSF et l’UNICEF France, qui portent cette initiative, souhaitent que d’autres parlementaires de France, du Parlement européen et des Parlements africains rejoignent ce mouvement international en faveur de la nutrition.

 

 

 

 

 

 

 

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